Lorgues

Capucins à l'Ermitage de Saint Ferréol

  Après le départ des Capucins gênois, l'occasion semblait très favorable pour abandonner définitivement cette position devenue si gênante, vu surtout, que nous étions demandés, à ce même moment, dans les grandes villes e France. Il n'en fut rien. Soit qu'on se crût engagé par raison de justice, vis-à-vis de la population de Lorgues, ou bien que des influences funestes aient favorisé jusqu'au bout cet établissement, le fait est qu'à la fin de l'année 1854, la fondation de Lorgues fut imposée officiellement à la province de France. Le P. Laurent d'Aoste vint en prendre possession , au mois de février suivant , sur la demande formelle que lui en avait faite, le 3 du même mois, le P. Laurent de Brisighella, Commissaire général de l'Ordre. Le P. Provincial désapprouva notre établissement à Saint-Ferréol, et il revint sur l'idée d'établir le couvent aux abords de la ville. Il en était encore temps, parce que la nouvelle construction, entreprise, d'ailleurs, dans d'assez misérables conditions, ne sortait pas encore de terre. Il menaça de retirer ses religieux si les habitants ne consentaient pas à cette translation. Toute la ville fut mise en émoi, et l'abbé Sigaloux se démena plus que jamais. Une nouvelle pétition fut signée par les principaux notables de Lorgues et adressée au P. Général. On demandait au premier Supérieur de l'Ordre de replacer cet établissement sous sa juridiction immédiate, et de le soustraire aux exigences du provincial de France. Le 4 mars 1855, l'Evêque de Fréjus se joignit au maire de Lorgues pour recommander la pétition à la bienveillance du P . Général. Le 2 avril , l'abbé Sigaloux, cause de tant d'ennuis, vint surenchérir sur tout le monde ; et cette fois encore, c'est lui qui l'emporta.

Il fallut se résigner . Le 27 avril, le Définitoire provincial nomma le P. Amédée de Sardevolo, supérieur de la résidence de Lorgues, et le chargea de reprendre les travaux interrompus. Deux ans après ( 8 février 1857 ), le conseil municipa,l pour reconnaître les améliorations et les agrandissements faits par les Capucins, à l'ermitage de Saint-Ferréol, leur en concéda la jouissance pour quatre-ving-dix-neuf ans !!

Lorsque le P. Amédée eut mis l'ermitage de Saint-Ferréol dans un état passable, on eut la malencontreuse idée de vouloir établir un monastère de Capucines à Lorgues. Si le projet était louable en soi, des circonstances particulières que le lecteur comprendra, le rendaient inadmissible dans une trop petite ville. Nos Frères quêteurs durent subir plusieurs fois de cruels affronts, et entendre surtout des paroles malsonnantes, lorsque les exigences de leur emploi leur occasionnaient des rencontres qu'ils eussent voulu éviter. C'est le 16 septembre 1857, qu'une colonie de Religieuses, provenant du monastère d'Aix, vint s'établir à Lorgues, où elles devaient y rester plus longtemps que nos Pères.


 

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