Lorgues
Capucins à l'Ermitage de Saint Ferréol
Le 13 novembre 1852, le P. Général envoya à Lorgues, en qualité de commissaire visiteur, le P. Benoît de Gênes. Celui-ci donna gain de cause aux partisans de Saint-Ferréol, et dressa un plan d'agrandissement conforme à tous les usages de notre vie capucine. A l'occasion de cette même visite, le P. Jacques de Gênes, dont l'avis favorable avait, un an auparavant, facilité l'acceptation de notre établissement à Lorgues, fut le premier à déserter le nouveau chantier. Il donna sa démission de supérieur, et fut remplacé, le 17 décembre suivant, par le P.Célestin de la Rivière-en-Verse, ancien définiteur de la province de Savoie. Le nouveau supérieur eut vite compris combien était délicate la situation de Lorgues. Il retarda l'exécution des travaux projetés, par respect pour l'opinion de ceux qui continuaient à vouloir que le couvent des Capucins fût établi aux abords de la ville. Ce ne fut qu'au retour du Chapitre général, qui se tint à Rome, le 4 juin 1853, et auquel il devait assister en qualité de custode de sa province, que le P. célestin mit la main à l'uvre. Toutefois, pour ne froisser aucune opinion, il voulait que la population fixât elle-même d'une manière décisive le choix du lieu où elle entendait nous établir. Le conseil municipal délibéra donc sur ce sujet, ans sa séance du 11 septembre 1853. A la majorité, il opta pour que les Capucins restassent à Saint-Ferréol, et ordonna que la somme de dix mille francs , provenant des souscriptions, serait affectée à l'agrandissement de l'ermitage, et à son appropriation à nos besoins et usages. La première pierre de la nouvelle aile fut posée avec solennité, le 29 novembre suivant. Le maire de Lorgues, qui était à ce moment M. de Roux , prononça un discours remarquable, qui émotionna profondément tous les témoins de cette cérémonie. Tout est bien qui finit bien, dit un vieil adage. A Lorgues il n'en fut pas ainsi. Toutes les prévisions des Supérieurs de la province de France ne devaient pas tarder à s'accomplir, par rapport à cette fondation. Les Capucins génois, qui étaient venus les premiers en prendre possession, furent aussi les premiers à expérimenter qu'il n'aurait pas fallu accepter cet établissement. Leurs plaintes arrivèrent jusqu'à Rome ; et, vers la fin de l'année 1854, l'ermitage de Saint-Ferréol était presque vide . ses premiers habitants avaient repris peu à peu le chemin de Gênes, ne laissant que les restes du P. Fulgence, vicaire de la communauté. Ce religieux était mort, le 16 septembre 1853, victime de son dévouement ; car c'est en assistant les pestiférés, qu'il contracta le mal qui devait l'emporter dans la force de l'âge. |