Lorgues

Capucins à l'Ermitage de Saint Ferréol

  Le 15 juin 1852, l'Evêque de Fréjus fur officiellement averti que la fondation était acceptée, et que l'on venait de pourvoir à la nomination des religieux qui venaient former la nouvelle famille. Le 22 du même mois, Mgr Wicart prévint à son tour le curé de Lorgues : " je me fais un plaisir de vous annoncer, lui dit-il, que vos vux et ceux des bons habitants de Lorgues sont exaucés. Il va vous arriver à la fin de ce mois, ou dans les premiers jours du mois suivant, trois Pères capucins, qui seront bientôt suivis de quelques autres. C'est ce que m'annonce positivement, de Rome, le P. Général de l'Ordre. Veuillez en faire part à qui il convient, et prendre les dispositions nécessaires, s'il en reste à prendre. "

Le 18 juillet 1852, la petite colonie génoise arriva à Lorgues. Elle était composée des Pères Jacques, Fulgence et Salvien, tous trois de Gênes, du P. Pierre-maurice de Cossato et du Fr. Bruno de l'Altare. La population se rendit processionnellement, croix en tête, avec les autorités civiles, à la rencontre de ces religieux. Une foule d'étrangers étaient venue s'associer en cette circonstance à la joie des Lorguiens. Le journal l'Union du Var, du 20 juillet , rendit compte de cette solennelle réception des enfants de saint François ; Il faisait remarquer, dans une note , que le P. Jacques de Gênes, nouveau supérieur des Capucins, était fils d'un ministre du roi Charles-Albert. Mais ce qui avait surtout frappé ces gens, dans cet accueil si enthousiaste, c'était la sainteté qui apparaissait sur toute la personne du Fr. Bruno de l'Altare, simple Frère lai.

Après avoir installé nos Pères dans l'ermitage de Saint-Ferréol, les Lorguiens songèrent à pourvoir à leurs besoins, et à fournir l'humble monastère des objets que notre pauvreté elle-même ne réussit pas à rendre indispensables. Une souscription y pourvut. Elle atteignit en quelques jours la somme de douze mille francs, et donna même lieu aux projets d'agrandissement qui devaient s'exécuter dans un avenir peu éloigné, et que le mauvais état de l'ermitage rendait absolument nécessaire. La ville de Lorgues offrait le local de Saint-Ferréol sans rétribution. La famille de Celles donna mille francs pour la nouvelle fondation, et Blaise Auran, deux mille. Comme le sentiment de ceux qui voulaient notre établissement en ville avait d'abord prévalu, on y acheta un local que l'on fut obligé de revendre ensuite, avec une perte de mille francs, parce que les partisans de Saint-Ferréol obtinrent gain de cause.

C'est sur cette question de projets que la mésentente commença, non seulement du côté des religieux, mais aussi du côté des principaux bienfaiteurs de l'uvre. Les uns voulaient qu'on ne fit aucune dépense à Saint-Ferréol , parce que cet ermitage était trop éloigné de la ville et d'un trop difficile accès. D'autres préféraient rester fidèles à cette pieuse chapelle, à cause de son long souvenir, et parce que toute la population y avait accompagné les Capucins avec solennité. Comme on ne tombait pas d'accord, le débat fut soumis au P. Général pour que lui même tranchât la question.


 

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