Lorgues
LORGUES, COLLÉGIALE SAINT-MARTIN Extrait de: Congrés Archéologique de France . 160e session 2002 - Monuments du Var. |
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Même en milieu urbain, la plupart des églises provençales n' émergent du tissu bâti dense qui les enserre que par leur clocher - d'ailleurs souvent concurrencé par le beffroi communal. La collégiale Saint-Martin de Lorgues (1) frappe, d'abord, par sa masse énorme dominant la bourgade (fig. I). Lagglomération, il est vrai, a préféré aux pentes abruptes le confort d'une cuvette abritée et baignée par des sources, où les maisons s' étalent sur un terrain à peine incliné. Point de château ici. Le moutonnement uniforme des toitures a absorbé même les tours carrées de l'enceinte fortifiée du XIVe siècle, excepté celle que couronne le campanile de l'horloge. Isolée entre trois rues et une petite place qui lui sert de parvis, l' église n' est pas orientée. Son plan masse, rectangulaire (56 m x 31 m), intègre sans saillie ni retrait toutes les parties qui la composent : une nef accostée de deux bas-côtés, prolongée par une abside et deux absidioles entre une sacristie et un clocher-tour (fig. 2). Le toit de la nef culmine à 13,5 m au-dessus du sol, celui du clocher à 20 m. Ces dimensions, qui passeraient presque inaperçues à Toulon ou à Marseille, paraissent démesurées à Lorgues - comme celles de la basilique à Saint-Maximin. Deux files d'arcs-boutants épaulent la silhouette massive, que ponctue à l'angle sud-est l' étage octogonal (en réalite un carré aux angles abattus) du clocher. La construction, trés soignée, fait appel exclusivement à des matériaux locaux. Le calcaire blanc et dur des collines environnantes a fourni à la fois les moellons bruts ou à peine équarris qui composent la majeure partie des maçonneries et la pierre de taille, ciselée et bouchardée, qui garnit la façade, les chaines d'angle, les piliers et les arcs. |
(1). Cet article reprend, pour l'essentiel, le contenu du dossier d'inventaire rédigé par Véronique Ripoll en 1995-1996. |