Lorgues

Capucins à l'Ermitage de Saint Ferréol

Tout heureux de cette réponse, le curé de Lorgues s'empressa de la communiquer au P. Général, en l'accompagnant d'une lettre personnelle, datée du 16 octobre 1851. Dans cette missive, il expose à notre premier Supérieur qu'il a dans sa paroisse un ermitage dédié à Saint Ferréol martyr, qu'avaient occupé avant la grande Révolution les PP. Servites. Il serait désirable , dit-il que ce lieu fût occupé de nos jours par les PP.Capucins, tant à cause de la population qui leur est très sympathique, qu'à cause du département du Var, dont Lorgues est le point central, et qui a grand besoin de l'évangélisation de nos Pères. L'abbé Sigaloux vint à la rescousse pour faire la description de l'ermitage, et montrer les grands avantages qu'il offrait pour une bonne fondation. Bien entendu, Saint-Ferréol avait tous les avantages possibles et imaginables ! .

Le 8 novembre, le P. Venance de Turin répondit au curé de Lorgues, par l'entremise du P. Michel-Ange de Rossiglione, définiteur général et ancien provincial de France. Celui-ci était tout dévoué à cette uvre de fondation, dont on voulait faire bénéficier sa Province religieuse. Il annonça donc à M. Mercurin, que le P. Jacques de Gênes, ancien définiteur de la province française, était envoyé à Lorgues pour voir si l'établissement offert aux Capucins serait conforme à nos Règles, et s'il pourrait être habité provisoirement par quelques religieux. Le P. Jacques arriva en effet dans cette ville, le 12 du même mois. Il visita l'ermitage de Saint-Ferréol, occupé jadis par les Pères Servites. Ce n'était plus qu'une ruine ; et le local offert n'était pas convenable pour l'installation d'une communauté religieuse. Mais le désir d'avoir un pied-à-terre en France, l'emporta sur toutes les autres considérations. Le rapport envoyé à Rome, par le bon P. Jacques, étant favorable, à cet établissement, la fondation de Lorgues fut aussitôt acceptée.

Le P. Provincial de France, officiellement prévenu de cette décision, fit observer que l'abbé Barnieu, curé d'Hyères, demandait aussi à nous avoir dans sa paroisse, que cette fondation avait été acceptée la première, qu'elle offrait plus d'aliments à notre zèle et plus de ressources pour l'entretient d'une communauté. Les Capucins étant demandés dans les diverses parties de la France, le bien de l'Ordre semblait s'opposer à une double fondation dans un même diocèse. Afin de temporiser encore, et de retarder autant que possible cette fondation, tout en donnant une certaine satisfaction aux habitants de Lorgues, les Pères Dominique et Denis furent envoyés dans cette paroisse, en décembre 1851, pour y prêcher le jubilé.


 

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