Lorgues
Capucins à l'Ermitage de Saint Ferréol
| Extrait de "Histoire des Frères-Mineurs
Capucins de l'Ancienne Province de France" P. Irénée d'Aulon . 1905 - Ed Couvent de Saint-Laurent de Brindes ROME Première partie: 1820-1845 , Deuxième Partie 1845-1856 Document de la Bibliothèque Franciscaine des Capucins Paris |
L'historique de l'établissement des Capucins à Lorgues se présente de lui-même, après les divers évènements que nous avons relatés dans ce chapitre. Par le seul fait de l'ordre chronologique, il vient clore la deuxième partie de notre histoire contemporaine ; et, par son côté mouvementé, il nous prépare à aborder le premier chapitre suivant. Car, c'est du couvent de Lorgues surtout, que devait provenir la principale cause d'une visite extraordinaire de la province de France, relatée ailleurs. Cette nouvelle fondation fut, en effet, très mouvementée. Elle demande à être relatée avec tous les ménagements possibles, parce qu'elle eut contre elle l'opposition unanime des Supérieurs de la province de France. Effectuée malgré eux, il arriva ce qu'ils avaient prévu : ils durent la prendre à leur charge quand d'autres n'en voulurent plus Nous allons donc nous trouver en présence d'un de ces phénomènes, malheureusement trop fréquents, et surtout inexplicables, où, un seul homme peut, avec les meilleures intentions occasionner de grands ennuis, presque des injustices, et exciter les longs murmures de beaucoup d'autres. Dans aucune des villes de France où les Capucins ont été établis au dix-neuvième siècle, ils ne furent demandés avec plus d'enthousiasme qu'à Lorgues. Hélas ! dans aucune autre, ils ne devaient en repartir plus tard, au milieu d'une plus grande indifférenceQuand on songe à tant d'autres établissements qui ne furent pas réalisés à cette même époque, et dans de grandes villes, où, l'Ordre eût trouvé des ressources et une sphère d'action tout autrement considérables, il y a vraiment de quoi être étonné. On pourrait presque se demander si quelques mystère ne plane pas sur l'initiative de la fondation de Lorgues. Nous ne chercherons pas à le découvrir. Qu'il nous suffise de relater fidèlement, et avec la plus grande impartialité, tout ce qui se passa au début de cet établissement, voire les plus grands ennuis qu'il occasionna aux Supérieurs de la Province française. Avant de s'établir à Lorgues, les Capucins y avaient déjà fait plusieurs apparitions. Le P. Athanase y était venu le premier, ver 1840. Il y revint, quatre ans plus tard, avec les Pères Archange de Lyon, Véran d'Oppède et Joseph de Fareins, pour y prêcher une mission qui fut clôturée, le 8 décembre 1844. Le résultat avait été si heureux, que les Lorguiens exprimèrent à nos Religieux le désir de les voir s'établir dans leur petite ville. Il fut impossible aux Supérieurs de souscrire immédiatement à cette demande. |
|